Publié le 27/10/2009 à 13:09 par pensees
La table vacille
Sous le poids des vents
Y est ballottée une bille de verre
Qui renferme un pétale
La table vacille
A gauche à droite
La bille roule au gré du
Tango du hasard
La table vacille
Certains y posent leurs mains
Pour renverser
Le cours de la chose
La table vacille
Le roulement est insoutenable
La bille vient frôler le vide
La table vacille
Les pieds tremblent
Les bouches se taisent
On retient sa tristesse en la laissant dire, on écoute, on veut bien croire et on essaie de brider cette imagination perverse qui veut te faire croire que tout est le contraire de ce que tu souhaites. On retient tout, souffle compris, on ne veut pas laisser transparaître. Mais elle est là et personne ne peut passer à côté. Elle s’inscrit dans chaque grain de ta peau. La peur.
La table vacille
Sous le poids des vents
Y est ballottée une bille de verre
Qui renferme un pétale
Bientôt libre
Publié le 22/10/2009 à 19:14 par pensees
Laissez-le périr noyé
Dans la terrible horreur
La souffrance de l’innocence
Le désespoir de l’impuissance
Laissez-le crever
Dans la rage du moment
Laissez-le s’étouffer de ses cris
Laissez-le croire à une lumière qui le brûle
Laissez-le s’enflammer
Au contact du souvenir
Laissez-le s’épaissir de son malheur
Laissez-le s’effondrer
Du poids de toutes ses larmes
Et s’évanouir dégoûtant
Dans les ruines du temps
Laissez-le fondre
De la fusion de son cœur
Laissez-le
A sa propre honte
A sa raison pendue au plafond de l’absurde
Laissez-le s’enrager d’incompréhension
Et verser les flots impensables
Laissez-le éclater de surprise
Répandant quelques morceaux de question
Qui jamais
JAMAIS
N’auront de réponses
Laissez-le mourir
Sonnez trompettes
Boutez le feu au bûcher
Allumez les lampions et
Percez les fûts
Laissez-le mourir
Vomir le jamais-dit
Ravaler le jamais-fait
L’envie fuit
Comme le temps et l’amour
Laissez
Tout ça c’est fini
Rangez vos visages
A leur place respective
Balayez votre tristesse
- Ceci dit à ceux qui en ont
Si peu soient-ils –
Laissez l’appétit ronger
Le ventre qui jamais ne se remplit
Laissez le baiser
Etrangler la lèvre qui tremble
Vous voyez bien
Aussi bien que moi
- Mieux peut-être –
Qu’il n’y a rien
RIEN
A faire
Chaque mot pèse
Chaque seconde aggrave
Chaque vérité se confond dans son propre mensonge
Les silences eux-mêmes
Hurlent la douleur
Et le malheur s’affale
Dans les bras de celui qui
Les ouvre
S’étalant toujours plus
Toujours plus
Toujours plus…
Laissez-le tranquille
Décidément la vie ne surprend pas
Elle suspend au-dessus de ta tête
La merde qui salit déjà tes chaussures
Et laisse le vent décider
Quand elle tombera
Et à son tour
Quand il tombera
La chute sera silencieuse
Il s’estompera dans l’obscurité
Du rire
Et se moquera de tout son passé
Dont bientôt
Vous ne vous souviendrez plus
Soulagement
Vous dites
Au son de la mort qui passe
Et puissions-nous nous débarrasser
Du fardeau si longtemps traîné
Soulagement
Est-ce qu’au moins
Vous retiendrez quelque chose
Avez-vous filet où déposer
Une miette d’homme
Avez-vous mémoire
Pour y enfermer des démons sans reflet
Avez-vous quelconque place
Pour une étincelle sans consistance
Laissez
Ce n’est pas grave
Ne retenez rien
Oubliez tout
C’est une nuit dont rien ne peut le sauver
Laissez
C’est fini
Rideau sous un tonnerre d’applaudissements
Chapeau à la sortie
Un vieil homme dit
Mon ami
Vous avez bien joué le jeu
Publié le 01/10/2009 à 14:47 par pensees
Encore
Je t’écris
Trait de stylo
Comme un cri bien plus haut
Que cet horizon terrifiant
Je suis désolé
Je n’ai que des mots
Que du vent s’oubliant
Plus loin
Ils se valent bien tu le sais
J’aimerais qu’ils soient pierres
Gravant mon visage
Qu’ils soient caresse rassurant ta joue
Endormie
J’aimerais qu’ils chatouillent ton sourire
A chaque instant de ton parcours
J’aimerais la paix dans le baiser de
Deux vies
Mais ce ne sont que des mots
Tu le sais
Regarde les
A peine écrits qu’ils s’envolent déjà
Ils s’enflamment
Ils retournent à la poussière
Avec on peut faire des planètes paraît-il
Autour d’un Soleil
Je t’aime…
Publié le 28/09/2009 à 20:41 par pensees
Alors voilà
Il n'aura suffi de rien
Pas plus qu'un coup de vent
Pour que tout change
Pour que tout recommence
Boucle infinie
Que ni le temps ni l'espace
Ne peuvent résoudre
Alors voilà
C'est tout
L'échéance est passée
La date périmée
La magie envolée
Alors voilà
C'est tout
Alors voilà
Elle n'a plus besoin de moi
Si loin si loin
Elle se demande et avoue
Ce qu'elle ne trouve plus
J'ai été mauvais je sais
Alors voilà
Je ne pourrai rien y faire
Tout change et comme le dit Adam
Ca ne me dérange pas autant
Alors voilà
Je t'écris et je m'écroule
Sur un matelas de larme
Confort d'un instant
Où tout part
Publié le 20/09/2009 à 18:59 par pensees
Je n’ai pas peur
Que le temps passe
Que distance se fasse
Je n’ai pas peur
Que de monstres ou d’ignominies
Que de flagrances dans le mensonge de la vie
Mais je n’ai pas peur
Car plus fort
Beaucoup plus fort est à mes côtés
Non je n’ai pas peur
Du doigt du destin qui s’est pointé
Sur moi
Que les oiseaux s’envolent à jamais
Que le soleil se couche une dernière fois
Bien effrayant sera le masque
Qui saura m’expulser de sa puissance
La puissance d’un baiser
Je n’ai pas peur
Venez à moi terreurs de toutes traditions
Venez revendiquer le trône du cœur
Venez porter à moi vos ténèbres
Rien n’est plus brillant qu’un soleil
Sur la main
Publié le 16/09/2009 à 14:46 par pensees
La peur
Mère de tous les vices
Elle me ronge
Elle me hante
Elle incruste mon ombre et ricane
Dans chacun de mes sourires
La peur
Hurle à l'agonie dans la nuit
Quand les visages se confondent
Et elle s'abat
Impitoyable
Sur le coeur de l'insomniaque
Elle ne connait ni raison ni limite
Et investit les quartiers que l'âme
Déjà avait oubliés
La peur est une masse
Frappant au centre dans un vacarme de pleurs
Elle me détruit
Me fissure
M'emmène en voyage
Voir ce qui ne devrait pas être vu
Elle chante et danse
Macabre
Dans la bouche de la pensée
Ne laissant de répit à l'oreille
Que lorsque le souvenir
Et l'espoir conjugués
S'imposent
La peur
Ennemie fraternelle
Se veut protectrice
Mais elle démonte
Boulon par boulon
Vice par vice
La confiance
Et blesse de sa lame aveuglante
L'amour que l'on voulait invincible
Si loin je t'aime
Et c'est ça qui me tue
Publié le 08/09/2009 à 22:45 par pensees
Elle est triste
Loin et triste
On voit ses larmes éclairer la nuit depuis loin
Comme un fracas à chaque fois
D'étincelles surprenantes et froides
Et moi le sombre imbécile
Voyageur insatiable du malheur
- Car tout cela comme autrefois
Est mon oeuvre -
Veux tout faire
Mais ces grandes chaînes
Ces entraves au nom immonde
Insupportable à mes oreilles
L'impuissance
Pèsent plus à mes poignets
Que toute la force qui m'est impartie
Elle est triste
Loin et triste
Je lui ai fait tellement mal
Il parait que c'est ma spécialité
Le mal
Mon amie si tu savais
Comme j'aimerais
Une fois faire
Les choses bien
Elle est triste
Je n'ai rien pu y faire
C'est dans mon chemin
Dans mon parchemin
Déroule le tu n'y verras que les larmes
Qu'ont lâché et que lâcheront encore
Ceux qui m'approchent
Regarde là
En haut
Ce sont mes parents
As-tu vu la douleur dans leur visage
Je suis né mauvais fils
Regarde en dessous
Les amis qui se tiennent par l'épaule
Ils me pleurent
Ils sont bons
Avec toute cette souffrance
Pleurer la rédemption de l'autre
C'est courageux
Ils sont bons
Regarde encore
Toutes ces femmes blessées
Certaines pleurent encore
...
Et regarde en dessous
Toute la place vierge
Toute cette place pour y inscrire
Tous ces noms qui vont souffrir
Parchemin bouseux
On y a tracé ma vie et je n'ai
D'autre choix que le suivre
Et semer souffrance dans le coeur
De ceux qui me suivent
C'est ma malédiction
Et regarde au milieu du parchemin
Regarde bien mon visage
Celui qui se balafre chaque jour
Celui qui s'étire
Trop grave
Trop creusé
Regarde ces yeux trop sombres
Regarde bien mon visage
C'est ma douleur
Publié le 02/09/2009 à 15:28 par pensees
J’ai plus rien à dire. Ça me rend triste… j’ai plus rien au bout des doigts, plus de folie, plus de création ni d’originalité… plus rien à dire. Des pensées, ah oui ça j’en ai, à revendre au kilo et à la douzaine si vous en voulez, et le rab je le donne gratuitement, mais des choses à dire… Pas de grandes verves, pas de douce muse, pas de bonne fée qui se penche sur mon berceau, pas de sorcière qui vient me piquer le doigt non plus. J’ai des idées, des tas éparpillées ici et là. Quant à vous dire en quoi elles consistent… Peut-être je suis un incapable du langage, un handicapé de l’expression, le grand flou de la démonstration. Peut-être que mes idées sont trop grandes, qu’elles dépassent le langage, que je pense plus loin que lui, au-delà du mensonge des mots, au-delà de leur déformation grossière et provocante. Je ne sais pas, j’ai trop l’habitude de prendre une question et de la retourner dans tous les sens, afin qu’elle soit sans dessus dessous. Mais ça ne fait pas tomber les réponses de l’arbre.
Encore moins les mots.
Publié le 29/08/2009 à 19:10 par pensees
La montagne bleue
Assise sur le dos du monde
L'oiseau crie
Et le silence retombe
aux pieds des fils du temps
graves
Montez
Montez
Allez affronter les murailles de pierres
Les parois de glaces
Les chutes immenses sous le poids du vent
Allez frotter vos mains à la roche froide
Montez voir
Montez voir
A quoi ressemble le monde
Vu d'en haut
Montez voir
Il y aura des blessures il y aura des souffrances
Mais vous verrez le visage de la terre
Vous respirerez son haleine glaciale
Vous entendrez son timbre imperceptible
Chante
La voix mystérieuse
Douce et perçante
La voix de l'Homme
Publié le 25/08/2009 à 23:51 par pensees
Je n’entends plus la nuit
Ni la lune parler
Elle se tait
Aussi blême qu’auparavant
On la dirait morte…
Je n’entends plus la nuit
Elle s’est perdue dans le fond d’une chaussette
Un tiroir d’une armoire
Où tout s’éteint
Silencieux et noir
Je n’entends plus la nuit
Mon amie ma solitude
Tue
Le chariot du temps
Tiré à grand peine par le bœuf aveugle
Grince atrocement
Et dans son sillon
Immonde
Une racine en décomposition
Et la nuit fidèle
Couchée sur le monde
N’a plus rien à me dire
Elle a craché sa misère à mes pieds
Le silence heurte
Dans les échos du crâne
Je l’ai vue pleurer couchée sur moi
Chaque larme étiolait mon cœur
Je n’entends plus la nuit
Elle qui me contait mille histoires
Et me portait en mille nouveaux endroits
Voici qu’elle me fuit